À L'AFFICHE : Croire ses yeux. Andrew Beck, Elle Chae, Atticus Gordon et Amanda Lloyd

du 15 septembre au 30 octobre 2022

Cette exposition explore l’espace — qu’il soit abstrait, imaginé ou remémoré — par le biais de l’accumulation et de la reconstruction. Les artistes qui en font partie traitent des rapports changeants entre le temps et le lieu, les gens et l’espace, et expriment ces concepts avec des moyens formalistes comme la ligne et la forme. Cette interconnexion propose une perspective sur qui nous sommes par rapport à nos histoires personnelles et où nous sommes par rapport au présent. Reconcevoir un espace nous permet de contrôler, de réinventer et de reconvertir le sens là où nous n’aurions peut-être pas pu exercer ce pouvoir ; cela nous donne l’habileté de changer notre relation à notre environnement en guise de moyen de comprendre le chemin qui se dessine devant nous.

Elle Chae a grandi en Corée du Sud et dans les îles Fidji avant de s’installer au Canada. Elle explore la question du chez-soi par le biais des gens qui l’occupent et leur rapport à leur environnement. À la source du processus de réflexion de ses œuvres se trouvent des souvenirs personnels et des histoires d’autres familles ; les images fragmentées qui en résultent sont dépourvues de marqueurs de temps. Chae interroge la notion de besoin contre désir et présente le foyer comme une expérience plutôt qu’un lieu.

Les toiles d’Andrew Beck évoquent le siècle dernier et mêlent la nostalgie à l’incertitude. Son processus (rassembler, recadrer puis réorganiser les images) lui permet de créer des scènes qui bousculent le récit familier invoqué par ces éléments constitutifs. Beck explique qu’il sait que ses peintures sont terminées quand « elles expriment un moment ou une impression d’incertitude, d’isolement, d’incongruité ». Les personnages qui les habitent, qu’ils soient en rapport les uns aux autres ou avec leur environnement, donnent la sensation d’avoir été sortis de leur contexte ; le public est ensuite amené à s’interroger sur la signification de la scène.

Contrairement au travail de Beck, les histoires souvent indéfinissables d’Atticus Gordon n’évoquent pas une époque précise, mais mêlent plutôt le passé et le présent, suggérant un monde fictif quand même ancré dans notre réalité. S’inspirant d’images collectionnées et d’archives et de photographies personnelles, Gordon tisse des récits qui semblent décousus mais tout de même reliés à l’expérience humaine. Il est influencé par l’histoire et la technologie, et il se questionne sur le rôle que joue l’imagination dans notre compréhension de notre existence.

Amanda Lloyd est une peintre abstraite qui se penche sur le rapport entre les formes et l’espace ; elle se sert de la couleur pour évoquer le temps, le lieu ou l’objet. Lloyd est particulièrement intéressée au processus : elle superpose, enlève, frotte et gratte le médium afin de produire la profondeur constatée dans son travail. Ses œuvres diffèrent des autres de l’exposition, car aucune forme n’y est reconnaissable. Ses thèmes sont plutôt véhiculés par les titres expressifs qu’elle y donne. Telle une autrice, Lloyd fournit le contexte du sujet, tout en permettant au public d’interagir avec son travail et d’ajouter sa propre expérience.

Acknowledgements :

Commissaire : Stephanie Germano
Aide à l’exposition : Siobhan Locke
Traduction vers le français : Marie-Camille Lalande
Installation :  Mark Garland and Dan Austin

Partenaires :
BEING Studio
Studio Sixty Six

Image : Elle, Chae, When The Year Is Up, 2022