Alec et ses collègues de la région

Lorsqu’il emménage à Manotick en 1955, Jackson est l’un des artistes les plus connus et considérés du Canada. Il devient rapidement une figure de proue de la communauté artistique d’Ottawa. Plusieurs artistes régionaux gravitent dans les cercles sociaux de Jackson, notamment son ami de longue date Maurice Haycock, son ancien élève Ralph Burton, et Henri Masson. Haycock et Burton accompagnent souvent Jackson lorsqu’il fait des excursions pour réaliser des esquisses. Haycock et Jackson font connaissance en 1927 à bord d’un navire de ravitaillement arctique. Après l’obtention de son doctorat en géologie et minéralogie économiques en 1931, Haycock s’établit à Ottawa pour entamer une carrière au ministère des Mines. Les deux demeurent en contact. Haycock se met à l’aquarelle et au dessin au pastel en 1935, mais dix ans plus tard, Jackson le convainc de passer à l’huile. Lorsque Jackson décide de s’installer dans la région d’Ottawa, c’est Haycock qui l’aide à faire les arrangements nécessaires pour construire sa maison de Manotick. L’artiste ottavien Ralph Burton suit des cours donnés par A. Y. Jackson à la Banff School of Fine Arts au cours de l’été 1947. Les deux artistes se lient d’amitié et font plusieurs excursions d’esquisse ensemble en Alberta, en Alaska et au Yukon. Henri Masson est un autre paysagiste qui travaille dans la région d’Ottawa durant la période où Jackson y est présent, et son travail est fortement influencé par l’esthétique et le mandat du Groupe des Sept. Au milieu du vingtième siècle, les mouvements abstraits gagnent en popularité dans toutes les grandes villes du Canada, y compris Ottawa. Dans les années 1950, parmi les artistes œuvrant dans la capitale Canadienne, Duncan de Kergommeaux, Victor Tolgesy, James Boyd et Gérald Trottier font entrer des techniques avant-gardistes dans le milieu artistique florissant de la ville. L’archiviste ottavien Jim Burant constate que la présence de Jackson dans la région aide à promouvoir l’esthétique du paysage et à en maintenir la prédominance pendant longtemps, malgré les efforts de ces jeunes artistes (22).

22. Jim Burant, « History of Art and Artists of Ottawa and Surroundings, 1790-1970: Part III, 1946-1970 », dans History of Art and Artists of Ottawa and Surroundings, 1790-1970: Part III, 1946-1970, Melanie Scott (dir.), Ottawa, Galerie d’art d’Ottawa Art, 199