Alec à Ottawa

Jackson ne conduit pas. Lorsque le service d’autobus entre Manotick et Ottawa réduit la fréquence de ses passages à deux fois par jour, cela complique passablement les allées et venues entre sa maison et la ville, et il lui arrive de prendre une journée entière pour se procurer du matériel d’artiste. De plus, sa nièce est très prise par ses obligations familiales et peut rarement lui servir de chauffeur; c’est pourquoi il prend la décision de s’installer au centre-ville d’Ottawa en 1962 (15). Soudainement, Jackson est happé par une vie urbaine impensable à Manotick.

Plus de soixante-dix personnes assistent à sa fête d’emménagement, et il y a toujours un volontaire pour le conduire quelque part où il peut dessiner. Il est constamment invité à des soupers entre amis, à des événements à l’église anglicane St. John the Evangelist à l’angle des rues Somerset et Elgin, ou à des vernissages. Ces événements donnent toujours l’occasion à Jackson, dont on dit qu’il est un « raconteur-né », de parler de sa vie (16) . Malgré ce calendrier d’activités sociales bien rempli, Jackson continue de faire des excursions pour réaliser des esquisses dans la région.

15. O. J. Firestone, The Other A.Y. Jackson, Toronto, The Canadian Publishers, 1979, p. 40.

16. Wayne Larsen, A. Y. Jackson: The Life of a Landscape Painter, Toronto, Dundurn Press, 2009, p. 204.